La nuit roulent les ballons de plage

Dans le vestibule où croît le vert à la sève sombre
Des hostas,
L’éclaire la floraison des hampes blanches,
Les pétales à l’émail de la rosée,
De ce cresson, les pieds de grès déchaux d’un saint
Sans nom,
Es~tu Hubertus ? l’adresse à la pierre orante usée
Non loin de bois souriant, Bouddha, son diptyque
Repose, au simple socle
Ort
Oort, nuages
Edel weiss,
La nacre des visages,
Ombre grège des ombrelles en belle~de~jour
Au soir, liseron,
Plissé~soleil en éventail
Clos
La fontaine de grès au frais clapotis
Verse aux quatre coins cardinaux
Son filet d’eau
Qu’incline la brise parfois,
Il est si ténu
D’un pré ensoleillé
Mousse de jeunes fanes de carottes,
En un éclair l’éclat de l’aile de la tourterelle
Qui chatoie,
Champ de lin,
Étoffe pastel,
Le ciel,
Jeeves ouvre les yeux,
Nymphéas, en lanterne magique
Du col du siphon un cygne ennuage
Les cieux du sceau de son cyanotype laiteux
Le brise le vent d’un trait de plume mêle
Barista une pointe de crème au curaçao
Loin sur son carré de gazon un estivant
Tend la main vers l’improbable houlette
D’un rayon de soleil
Silencieuse tige d’un célesta brûlant