ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2026

Au jardin

Trompettes de Jéricho

Ce qu’un simple fil
Et son maillage de fer,
De l’air et une résille
À la copie d’une toile d’araignée
Consacre,
Le contraire de ce que l’épeire
Tisse,
La raideur,
Limes là où il suffirait
D’une simple haie,
Dense,
Qu’y nichent
Les moineaux
À peine plus haut
Que cela, tu vois,
Que le chat saute,
Retombe sans sa proie,
Que l’aubépine
Fleurisse
De part et d’autre
Des parcelles,
Et que ses fruits
Se donnent
En sacrifice
Sans distinction,
La clôture est stérile
Un fil gainé de vert
Qui se fond
Dans le paysage,
Comme le nez
Au milieu de la figure,
On s’y accroche,
Espérer que le lierre
Fasse son oeuvre,
Occupe le vide
De ses lianes,
Ponce les aspérités
Des ans,
Remaille ce bas en boa
Qui étrangle
Le jardin,
Et l’isole
Des vivants

Pièce d’eau

L’alarme

Lanterne magique
Les vignettes et leur carrousel
Juste avant le réveil
Parlent par bribes
Et chapelet de bulles
Nées d’un fumeur noir,
Ou d’un crapaud
Qui baille dans le verdâtre
De l’eau,
Du jet de fumée
Qu’un magicien
De sa Gitane
Inclut
Dans une sphère
De savon
Soudain opaque
Comme boule de cristal
Avant lecture
De la cartomancienne,
Cette enveloppe
Et son contenu,
Un ticket
Pour un récital de basson
Un vingt juin
À Dorlisheim
Et tout s’immobilise net
Comme au sortir de l’hypnose,
Au premier bip

Miroir aux alouettes

Société anonyme

Êtes~vous
Ma discipline,
Vous que je m’evertue
À retirer d’entre les pavés,
Comme un signet glissé
À la mauvaise page,
Herbes dont j’ignore les vertus,
Et ne considère
Que l’adventice essence,
La bourrache a poussé
Racines prises dans un brodequin
De pierre,
Ô la merveille,
Tu es répertoriée,
Ton bleu myosotis
Tes qualités
On~ma main te laisse
Prospérer dans le pierrier,
Et vous autres,
Filant dans le panier,
Sans que je prononce
Votre nom
Au moment de l’arrachement,
Vous êtes vertes, plates ou dressées,
Sommaire Bertillon,
Pas un mot,
Quel éloge,
Quelle once de marche
Funèbre
Une ou deux notes
~À l’enterrement d’une feuille morte~
Minuscule confusion d’épis,
De tiges cassées,
Ce qu’il vous a fallu
De vie entêtée,
Pour pousser ainsi

Minnesänger

Il aura fallu
Qu’il travaille à sa vigne,
En tombe.
Pour que je rejoigne
La nef remisée,
Et que du vitrail occulté
Dans le choeur,
Ses azur et or,
Comme fauchés
Par le rateau des tubulures,
Buffet aussi simple
Qu’un deux~corps,
Monte
Moitié soleil
Moitié sourdine,
La pièce qui remue,
Le sel aux yeux,
Sur l’assemblée
Et le ciel d’après-midi,
Par la porte qui bée
Sur le côté,
Et carrelle de jaune
Un ou deux rangs
De têtes neige,
Et voussées
~Comme un souffle fragile~
Un bouquet de voix qui se fêlent,
Mais douces,
Elles sont soeurs,
Et frères
Du gisant,
Chorales,
Deux jeunes gens,
Retirent ton masque de fer,
L’ébarbent et le lissent
Ce qu’ils disent est doux,
Et je découvre,
Celui sous le rustre boisseau,
Or et Mycènes

Pour Marcel C.

Forêt Noire

L’éphéméride

À l’enfant du jour
Montmirail~Montmajour
Fuseaux de calcaire
Dentelle,
Soyeux ruban
Sabré,
Velours où
Miroite
Le soleil,
Auréole
La joyeuse tête
Ornée,
Et son précieux
Atour,
Le sourire

Pour I.

Les ombrelles