Au jardin

Ce qu’un simple fil
Et son maillage de fer,
De l’air et une résille
À la copie d’une toile d’araignée
Consacre,
Le contraire de ce que l’épeire
Tisse,
La raideur,
Limes là où il suffirait
D’une simple haie,
Dense,
Qu’y nichent
Les moineaux
À peine plus haut
Que cela, tu vois,
Que le chat saute,
Retombe sans sa proie,
Que l’aubépine
Fleurisse
De part et d’autre
Des parcelles,
Et que ses fruits
Se donnent
En sacrifice
Sans distinction,
La clôture est stérile
Un fil gainé de vert
Qui se fond
Dans le paysage,
Comme le nez
Au milieu de la figure,
On s’y accroche,
Espérer que le lierre
Fasse son oeuvre,
Occupe le vide
De ses lianes,
Ponce les aspérités
Des ans,
Remaille ce bas en boa
Qui étrangle
Le jardin,
Et l’isole
Des vivants
Il aura fallu
Qu’il travaille à sa vigne,
En tombe.
Pour que je rejoigne
La nef remisée,
Et que du vitrail occulté
Dans le choeur,
Ses azur et or,
Comme fauchés
Par le rateau des tubulures,
Buffet aussi simple
Qu’un deux~corps,
Monte
Moitié soleil
Moitié sourdine,
La pièce qui remue,
Le sel aux yeux,
Sur l’assemblée
Et le ciel d’après-midi,
Par la porte qui bée
Sur le côté,
Et carrelle de jaune
Un ou deux rangs
De têtes neige,
Et voussées
~Comme un souffle fragile~
Un bouquet de voix qui se fêlent,
Mais douces,
Elles sont soeurs,
Et frères
Du gisant,
Chorales,
Deux jeunes gens,
Retirent ton masque de fer,
L’ébarbent et le lissent
Ce qu’ils disent est doux,
Et je découvre,
Celui sous le rustre boisseau,
Or et Mycènes
Pour Marcel C.