Vole !
Pâte lourde du levain
Ne veut se laisser crever
A la première bulle.
Pâte lourde du levain
Ne veut se laisser crever
A la première bulle.
Sur ses genoux, un pot de carbonate de magnésium, de la farine à agripper, lorsqu’il faudrait souder la main gauche aux instruments. Elle comptait un peu sur elle, mais pas trop. Une servante quand les crampes tordraient son avant-bras, le leader, le donneur d’ordre. Quand l’acide lactique rétifierait ses muscles jusqu’au bois.
Elle espérait alors déjà être loin. Et haut.
Max avait posé depuis longtemps les limites de l’enfer d’Hedda. Le lasso du silence l’avait isolée comme on sépare une bête du reste du troupeau. Il avait creusé des douves profondes autour d’elle, un bannissement cruel. Il se taisait, inflexible, il donnait la punition. Il n’acceptait pas qu’Hedda ne fût pas du même bronze que lui, il était entier. Elle n’était qu’une somme de demies. Il n’avait pas compris qu’elle n’était pas une ligne droite.
Hedda ne l’était pas. Mais elle s’alignerait. Victor pourrait faire craquer tout ce qu’il voulait, doigts, mâchoires, elle s’obstinerait.
« Elle a tout vidé, les sièges, il ne reste rien, elle n’emmène personne » dit Irène
« Dis lui, toi, jamais elle ne l’arrachera. Et après, elle fera quoi ? »
René ne répondit pas.
Ses peaux d’argent, longue écharpe grise tendue, s’écarquillant sur les membrures, un tambour gonflant sa voilure quand les élingues se détachent, laissant filer contre l’azur le balsa d’acier de sa carlingue; au ciel, ses eaux profondes, les nuages en algues blanches dérivant, cordages de kelp, amarres légères s’enroulant parfois au passage d’une aile dont l’oubli avait omis de replier la ramure.
Son enquiquinante scie
La nuit s’engouffre
Dans un ciel noir et la toile
Bise des étoiles.
Au concert du silence, j’ai ajouté ma voix.
L’absence du chant, lèvres célant,
Paupières d’une bouchée fermée
Sur l’ison doux
D’un passé
Que vous fîtes
Néant.
LX-VCI