Tout et rien
Ne rien laisser de
Ce jour accompli, ni
La balle, ni le son.
Ne rien laisser de
Ce jour accompli, ni
La balle, ni le son.
L’été, son zigzag
Au moment de s’échapper,
L’armée des ombres.
La mémoire, sa menthe fraîche. Un Mentos qui craque sous la dent, pour avoir bonne haleine. Descendre au jardin, remonter les allées, les mains traînant leur chalut sur les plantes. Là, le buisson de menthe, son odeur de chewing-gum froissé. Remonter encore, remonter les années, la pente de la petite colline, la Drôme d’il y a loin maintenant, celle des premiers étois, Deek adossé à mon souvenir, à l’ombre du tronc d’un grand arbre, assis là, en ce milieu de juillet, peut-être à m’attendre, lui et sa pagaille de cheveux blonds, la menthe glaciale de son regard, le ciel ouvrait les yeux, et je me tenais là devant lui, pour la première fois.
Les arbres tenus
En laisse, des chiens aux abois,
Usés jusqu’à la
Dans la rue sans bruit,
Une voiture. Un pli sur
Le lé du silence.
Les sens agacés,
Attendre l’orage, et voir
Passer les nuages.
Les adirondacks,
Au bout du ponton, salon
Tout au bord de l’eau.
Les nuages vitreux
Le ciel, son visage mal
Lavé. Gris de nuit.
J’implore le ciel. Que
Revienne le soleil et
Son four chaud. L’été.